Macron-Tintin en Amérique

© Maurizio Boscarol pour Libex

Avec son visage glabre, sa silhouette juvénile, ses yeux bleus perçants, sa coiffure presque avec une houppe, son intrépidité et sa disponibilité à en découdre, son libéralisme teinté de sociale-démocratie-chrétienne, sa certitude de défendre les valeurs fondamentales de la démocratie libérale occidentale, le Président français Emmanuel Macron a tout du héros de papier de Hergé : Tintin. Comme lui il est entouré d’un premier ministre, Edouard Philippe, ancien maire du Havre, normand et barbu comme le capitaine Haddock, mais aussi d’amis douteux comme le Général Alcazar (dont les poignées de mains et la ressemblance psychologique avec Trump est sidérante).


Ainsi donc, après son débat pro-européen au Parlement européen, Macron-Tintin, auto-proclamé « honnest-broker » entre l’Ue et les USA est allé rendre visite à son ami Donald Trump. Une visite officielle de 3 jours, durant lequel, entre bisous et papouilles, honneurs, visites officielles, jardinage à la maison blanche, entretiens bilatéraux et discours devant le Congrès américain, il a tenté de convaincre le président américain et sa majorité du bien fondé de ses idées.

Il est difficile de comprendre l’amitié qui semble s’être créé entre ces deux hommes qu’apparemment beaucoup oppose. Toutefois, les similitudes sont nombreuses. Un art de la communication achevé. Avant son voyage aux USA, Macron a donné une interview à la seule chaîne de TV américaine appréciée de Trump, Fox News, au cours duquel il a expliqué ses points de convergence avec son homologue : oints par le suffrage universel, ce sont des « maeverick » de la politique, aux idées bien tranchées et difficiles à convaincre « nous ne changeons pas facilement d’avis », désireux de tenir leurs promesses de campagne, fascinés par la force et n’hésitant pas à la confrontation verbale musclée. Et, comme le notent certains journalistes américains, ils sont tous les deux convaincus de leur supériorité intellectuelle.

Ceci dit, Macron n’a pas hésité à exprimer clairement, bien qu’en termes diplomatiques, ses points de divergences avec Trump : que ce soit sur l’Iran, le multilatéralisme et le libéralisme, la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique « il n’y a pas de planète B », avec une pugnacité que l’on souhaiterait être celle de l’ensemble des chefs d’État et de Gouvernement de l’Union européenne.

Quelques citations de son discours devant le Congrès :
« Nous vivons une époque de colère et de peur, à cause de toutes les menaces globales qui  nous entourent. Mais ces sentiments ne construisent rien. Vous pouvez jouer avec la peur pendant un certain temps, mais cela ne construit rien ».
« Je ne partage pas la fascination pour les nouveaux pouvoirs forts, l’abandon de la liberté, et les illusions du nationalisme ».
« Contre les menaces qui pèsent sur la planète, je crois aux actions concrètes et en la science ».
Le discours de Macron s’est conclu par trois minutes de « standing ovation ».

Mais, seule, sans un véritable support de l’Union européenne, avec les mouvements sociaux et les grèves sur le front intérieur, avec une économie peu compétitive, quelle que soit la force de conviction de Macron, la France peut-elle encore peser sur l’évolution du monde ?

Grâce à l’amitié de Patrick Pinter, Libex est heureux de vous présenter un reportage sur cette visite officielle, peu habituelle. Merci Patrick, et merci aussi à l’ami Maurizio Boscarol, auteur de ce pastiche de la couverture de l’Album d’Hergé « Tintin en Amérique » réalisé en un temps record.

Le reportage de Patrick Pinter

Les signes d’amitié démontrés par Macron et Trump feront-ils des émules?


Seguiteci sui social network:

Auteur

Economiste et historien, directeur du Centre LIBREXPRESSION, fondation Giuseppe di Vagno

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *