Libérez Ramón Esono Ebalé

Dessinateur de presse de Guinée Equatoriale, engagé pour la défense des droits de l’homme, a été incarcéré, en l’abscence de chefs d’accusation  depuis le 16 décembre pour avoir exercé son droit de liberté d’expression, sur ordre du Président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979. De nouveau, la communauté des dessinateurs de Presse, en particulier la CNRI (Cartoonists Rights Network International http://cartoonistsrights.org ) et France Cartoons de Pierre Ballouhey ( http://www.france-cartoons.com), se mobilise pour le faire libérer.


Voici l’article de Ebony Riddell Bamber du 6 décembre 2017
publié par Equal Times :
https://www.equaltimes.org/liberez-ramon-esono-ebale?lang=fr#.WkIrZLZ7S7x

Artiste, militant et écrivain, Ramón Esono Ebalé n’avait même pas deux ans quand Teodoro Obiang Nguema Mbasogo devint président de la Guinée équatoriale en 1979. À l’heure qu’il est, le président Obiang est toujours au pouvoir, alors que Ramón, lui, est incarcéré en l’abscence de chefs d’accusation  depuis le 16 décembre pour avoir exercé son droit de liberté d’expression.

Caricaturiste de profession, mieux connu sous son nom de plume de Jamón y Queso, Ramón a été acclamé par la critique  et s’est vu décerner, il y a un mois, le Prix 2017 du courage en caricature politique pour son travail par le Cartoonists Rights Network International.

Connu pour ses critiques du président Obiang et de son gouvernement, Ramón s’est servi de son art et de ses caricatures pour satiriser le gouvernement de Guinée équatoriale et dénoncer l’extrème inégalité qui règne dans le pays.

L’espace disponible pour la dissension dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest avec sa population de 1,2 million d’habitants est fortement restreint, alors que diverses organisations des droits de l’homme ont documenté un harcèlement systématique des défenseurs des droits humains , outre la répression récente contre les artistes et les associations culturelles. Comme l’incident notoire survenu en juillet dernier d’un artiste détenu  pour avoir sorti une chanson en soutien aux conducteurs de taxis en grève, qui protestaient contre la hausse du prix des licences.

Ramón réside, depuis 2011, au Paraguay, où son potentiel créateur a pu trouver son envol et où ses publications en ligne suscitent l’intérêt d’un public nombreux. Bien que son travail reste en grande partie inaccessible en Guinée équatoriale – où l’accès en ligne à ses dessins est bloqué – ses créations sembleraient, néanmoins, susciter un intérêt considérable dans les rangs du gouvernement.

Plus de 70 jours déjà…

Ramón était uniquement retourné en Guinée équatoriale récemment pour renouveler son passeport et aurait normalement dû repartir pour le Salvador, où s’est réinstallée sa famille. Il attendait depuis plusieurs semaines lorsqu’il a été arrêté, le 16 septembre, à Malabo, la capitale de la Guinée équatoriale, au sortir d’un dîner avec deux amis de nationalité espagnole. Ils ont, tous les trois, été détenus et interrogés au commissariat central, cependant les amis de Ramón ont été relâchés au bout de quelques heures.

Ramón a initialement été questionné par des agents de sécurité au sujet de ses caricatures. D’après les rapports, la police lui aurait posé des questions à propos de ses caricatures du président et d’autres hauts responsables, ainsi que de ses penchants politiques. On lui aurait aussi fait comprendre que ses dessins étaient injurieux à l’égard du président et que son blog contenait des propos insultants et diffamatoires. Il a aussi été averti que les gens devraient uniquement s’adonner à la politique lorsqu’ils sont associés à un parti politique.

Selon des informations diffusées dans les médias quelques jours plus tard, une enquête aurait été ouverte à son encontre pour blanchiment et contrefaçon.

Il fut entendu à propos de ces accusations lors de sa comparution devant un juge le 20 septembre, puis envoyé à la prison de Black Beach, à Malabo, où il est maintenu en détention depuis lors.

 

Aucun chef d’inculpation n’a encore été prononcé contre lui. Sa famille et ses amis sont persuadés que ces accusations participent d’une stratégie visant à le discréditer.

Début octobre, les avocats de Ramon ont introduit une pour une contre-audition des témoins à charge, estimant que cela prouverait qu’il n’y a aucune charge à retenir à l’encontre de Ramón. Cependant, comme le 30 novembre marque la fin de l’année judiciaire en Guinée équatoriale, il est probable que Ramón reste en prison au moins jusqu’au 16 janvier.

PEN International fait partie d’une coalition d’organisations qui estiment que Ramón Esono Ebalé est injustement détenu du fait de son activisme et de son travail, en violation de son droit de liberté d’expression. Nous en appelons aux autorités à le relâcher immédiatement et inconditionnellement.

Des artistes aux quatre coins du monde ont rallié la campagne #FreeNseRamón en contribuant des dessins  en soutien à Ramón. Dans le cadre de la Journée internationale de l’écrivain emprisonné de la PEN, le 15 novembre, l’écrivain britannique Neil Gaiman Neil Gaiman a rédigé un message de solidarité adressé à Ramón.

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Auteur

Economiste et historien, directeur du Centre LIBREXPRESSION, fondation Giuseppe di Vagno

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